Andy J Forest au Cylindre de Larnod (25) 5 Avril 2001
C'est devant un public assez nombreux que le concert d'AndyJ Forest et son band a démarré. A peine arrivé sur la scène, le guitariste Tony D se branche et balance deux trois riffs et croyez-moi on a tout de suite les oreilles agréablement chatouillées par le son énorme de ce talentueux guitariste d'Ottawa (Ontario). Arrive le reste du groupe tout d'abord le batteur Michel Henri Pouliot également canadien suivi du bassiste originaire de New York Jerry Dugger (la ville de Popa Chubby et de Big Ed Sullivan).
Tout le monde est prêt et c'est le moment choisi par le Boss pour investir la scène, coiffé d'une casquette et
armé d'un micro astatic pour amplifier le torrent de notes déversés par l'harmonica d' Andy. C'est parti pour un set
flamboyant, l'ambiance monte doucement et le rouleau compresseur de la puissante rythmique emmène
tout
sur son passage. Du blues saignant au funk blues en passant par les ballades ou les zydéco groove tout y est.
Dans l'avalanche de morceaux tous plus sympas les uns que les autres, j'ai retenu une relative surprise, une reprise du standard d'Aretha Franklin, Chain of Fools Ce morceau chanté par le bassiste Jerry avec une voix soul a soulevé un hourra d'applaudissements. A noter que tous les musiciens font les choeurs, cependant Jerry me laissera une impression fantastique du registre aigu au grave profond, voilà un gosier bien trempé. Andy saisit alors son Rub board, sorte de grattoir percussif martelé et gratté par deux manches de cuillère et balance un Zydéco chanté en français Cajun, nous voilà en un instant transporté en Louisiane. Le set est passé comme un un bon verre de téquila sunrise frais et revigorant. Nous voici en coulisses avec mon ami harmoniciste Phil Hammel. Grâce à Phil qui connait Andy depuis leur rencontre sur Bourbon street à New Orleans, j'ai eu la chance de rencontrer Andy et ses musiciens au milieu de leur tournée de 17 dates en France. Je peux juste vous rapporter que ce sont des gens charmants plein d'humour et de bonne humeur. Une bière ou deux plus tard, nous revoici au pied de la scène pour écouter le deuxième set d'Andy et son combo. Que dire si ce n'est que ce concert a été un très agréable moment, merci encore à tous ses musiciens excellents et à Andy pour sa pèche communicative et sa maîtrise.
Chronique par Jipes pesji@yahoo.com |
Franck Ash au caveau des Dominicains à Guebwiller, le 16/06/2000
Photo de Franck FeuilletC'est devant une salle comble que Franck Ash et son groupe ont investi la scène du Caveau. Franck dans un costume noir assorti à sa Strat entame le concert par un shuffle blues CC Rider qui met de suite les choses au point. La maîtrise de l'idiome blues que ce soit la voix chaleureuse et puissante ou la guitare précise qui démontre l'influence de B.B.King sur le jeu de Franck. Après 5 mn le premier morceau s'achève et Franck enchaîne avec Just a little bit dans la veine R'n'B de Louisiane (Lightnin Slim). Le groove est là d'emblée, bien cadenassé par le bassiste Hervé Guillet et l'inhabituel batteur puisque c'est Lionel Gaget qui d'ordinaire tient le clavier dans le groupe. Frank se lance dans un chorus mariant la puissance et la finesse. Au passage, une petite citation de B.B.King avec le thème de Woke up this morning et le tour est joué, l'audience commence a être dans le bain. Franck attaque les premiers notes de Sweet litttle angel et nous voilà propulsé par le swing du groupe au sein duquel il faut mentionner un étonnant et excellent pianiste danois Johan Dalgaart. Celui-ci se distingue d'ailleurs dans le morceau suivant, qui est une très jolie ballade soul dans la veine d'un Robert Cray (autre influence de Franck). Le groupe enchaîne sur une compo funky de Franck I wanna live by myself Franck démontre l'étendue de sa maîtrise rythmique en assurant une solide base pendant le chorus du pianiste danois déchaîné. Vient ensuite le premier titre en français De l'eau sous les ponts ou la batterie à mi-chemin entre le jungle beat et le second line propulse ce morceau très réussi.Franck en profite pour faire chanter le public qui après quelques hésitations se laissent emporter par l'enthousiasme. Le morceau suivant n'st autre que Let the good times roll un des favoris de B.B.King, le pianiste passe à l'orgue et le swing du groupe arrache des cris de plaisir au public. Franck s'offre un dialogue guitare/orgue avec Johan Dalgaart et le set s'achève après 50 mn d'excellente musique. Le deuxième set démarre par un nouveau shuffle (maîtrisé parfaitement par Lionel Gaget) et enchaîne aussitôt avec un funky Things qui groove à souhait. Une nouvelle ballade suivi par le deuxième titre en français Enfer dont le canevas musical rappelle It ain't right où Got my mojo working. Franck est précis et semble à l'aise dans tous les styles, sa voix me rappelle De Palmas, autre chanteur français de talent. De nouveau un shuffle très original alternant avec un "half beat" très bon chorus jazzy du pianiste. Puis c'est This must be love, une ballade soul ou Franck chante avec beaucoup d'âme et le bassiste sort de sa réserve(voulue) et nous délivre un chorus très bien senti après que le morceau est subitement viré au funk louisianais. Lionel Gaget y va de son chorus à la batterie et fait montre de beaucoup de talent et d'enthousiasme. Le set s'achève sur un shuffle torride, le public acclame le groupe et demande avec insistance un rappel. Chose faite avec Honey hush d'Albert Collins, puis un blues lent de toute beauté ou Franck joue des nuances les plus subtiles, abaissant le volume à la limite de l'audible. Il torture les cordes avec brio et sort des miaulements de son instrument pour une audience subjuguée. Un swing puissant vient conclure les rappels devant une standing ovation, puis dans le bruit du public quittant la salle, un ange passe, Lionel Gaget s'installe derrière le piano et entame une impro, Franck s'approche alors du micro et entame un superbe Danger zone de Percy Mayfield, Franck montre que sa voix est vraiment à la hauteur, le piano se fait jazzy. La soirée se termine dans une douceur propice aux beaux rêves, merci Monsieur Franck et a bientôt!. Chronique par Jipes 17.06.2000 pesji@yahoo.com |